Historique

Entre 1975 et 1979 cette ferme a été créé à partir de rien par un “rapporté” comme on dit au pays. Sans aucun pécule, Jean-Michel GABRIEL a acheté 0,07 ha de ravin pour une brasse de bois par an pendant 7 ans près d’un petit pont au bord des cascades du ruisseau qui provient des 7 lacs de l’Ardiden. En travaillant avec des gens du pays, il a pu mieux analyser son projet et se former en auto construisant tout en contribuant à un développement de sa vallée d’adoption.

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Voici quelques exemples de ce travail long de 40 ans :


  • Organisation d’un système bénévole avec les agriculteurs dans le cadre de chantiers-jeunes et de l’objection de conscience et étude des échecs des nouveaux installés en milieu rural difficile (3000 enquêtes dans les années 70),

  • • Soutenance collective d’une thèse sur les enjeux pour l’occupation de l’espace en vallée de Luz. au moment de la genèse des stations de ski et nombreuses études préliminaires aux Plans d’Occupation des Sols dans la vallée,

  • Lancement du concept qui aboutira à l’appellation “gîte de groupe” suite à un travail d’animation du contrat station-vallée avec les éleveurs du luchonnais,

  • Ouverture du thermalisme de Barèges et St Sauveur à l’inter-saisonnalité et au ludique en tant que chargé de mission au Plan de Rénovation Thermale Interministériel des années 80,

  • • Cheville ouvrière de la première coopérative de vente directe de viande de mouton du Pays Toy.

* en l'absence de politique foncière effective de l'Etat ou des Collectivités pour aider l’agriculture de montagne dans la mouvance du développement de la mono-activité du « tout ski », il a bien fallu constituer progressivement un outil de travail encré sur une unité foncière viable à force de « mini-remembrements », quitte à payer parfois un peu cher certaines terres en ruine

Accident de parcours

En 1990, bâtiment d’élevage, laiterie, garage et habitation toute neuve, soit l’ensemble du siège d’exploitation, sont ravagés par un incendie qui a pris dans le foin. La solidarité locale jouant en appuie de l’assurance et d’un gros pari avec les banques, la ferme a été reconstruite et remise en fonction en 1992 en association avec Susie EDWARDS, éleveuse d’origine anglaise qui depuis s’est consacrée au suivi des chèvres, puis brebis et vaches (à partir de 1995) et à la transformation fromagère, tandis que Jean-Michel assurait la commercialisation et les projets nouveaux. Les années 2000 sont aussi l’occasion de réaliser des gros travaux de restructuration et d’accessibilité minimum à la ferme. Devant la nécessité physique et l'envie d'avoir à partager notre travail et nos projets, nous avons alors envisagé un projet plus large ouvrant vers :

Renaissance

Une diversification maximale des produits : préparation de compost animal, bouclage de la chaine des petits laits aux cochons et aux salaisons, sciage artisanal des bois d'œuvre, de chauffage, voire des bois d’art tournés ou non, renforcement de la politique maraîchère d'autoconsommation avec serre et poulailler.

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Une réhabilitation paysagère du système en terrasses réintégrant le pastoralisme et la fauche mais préservant aussi l’existence de zones pour les plantes sauvages.

L'accueil et l'animation à travers des visites de l'élevage et de l'estive avec le berger, des 'vacances actives', du volontariat, de la formation et des chantiers collectifs, un échange avec des agriculteurs d'autres pays ( culture laitière, énergies renouvelables, autosubsistance…).

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Les projets prennent corps

Depuis 2012 les chantiers de défrichages, d’ouvertures de pistes, d’adduction d’eau et réhabilitation pastorale se sont intensifiés ainsi que la construction de terrasses et la remise en état de prairies pour la fauche. Ont aussi été aménagés un saloir-séchoir à jambons et saucissons en sous-sol ainsi qu’un petit musé d’outils anciens au sein de la salle d’exposition. En 2012 un nouvel associé nous rejoint ; Jonas pour la partie élevage et transformation viande. En 2013 Pascale nous a rejoint pour la partie plantes sauvages comestibles. Fin 2014 Nico et Claire se lancent dans le maraîchage à l’ancienne respectueux de l’environnement (cultures sur buttes…) ; Claire et Pascale s’occupent aussi des ventes à la ferme et sur la caravane, ce qui soulage considérablement Jean-Michel. Après avoir été une cheville ouvrière de l’Association des Producteurs et Savoir Faire du Pays Toy, la ferme a impulsée en 2014-15 l’ouverture d’un kiosque-vitrine dans l’agglomération de Luz, sorte de route des savoir-faire pour drainer le tourisme vers les lieux de production. La remise en état et la sécurisation des berges du Bernazaou en amont de la ferme après la crue de juin 2013 a permis la création progressive de l’observatoire Caprifolia en 2015 tandis que le défrichage et la mise en terrasses de terrains exposés sud-est ont permis l’installation maraîchère du printemps 2015.


Ainsi au bout d’une quarantaine d’années, le cadre d’une exploitation collective potentiellement viable est enfin constitué en dépit de quelques jalousies locales : les associés ou futurs associés jeunes ou moins jeunes qui s’y investissent par des prises de parts sur les actifs (responsabilisation) bénéficient d’une sécurité sur l’outil de travail grâce à une mise à disposition du foncier bâti et non bâti par bail emphytéotique sur 99 ans similairement au fonctionnement adopté par beaucoup de fondations ou l’organisation « terres de liens » visant à la dépersonnalisation des terres agricoles. Les associés peuvent donc concevoir leur projet de façon pérenne en fonction d’une logique liée aux facteurs humains, culturels, économiques ou environnementaux et non en fonction d’une limitation d’exploitation dans le temps ou d’une limitation contrainte par le foncier ; ce dernier est souvent un vecteur de pression de la société locale dans une vallée où l’espace est limité, un peu comme sur une île. La ferme peut être riche de projets parce que son patrimoine est encore constitué de beaucoup de ruines et de friches à faire revivre, donc de possibles…